La famille : lieu idéal de lutte contre la corruption. Texte complet

Voici le texte de la conférence que l'abbé Abdoulaye Sissoko, Vicaire Régional de l'Opus Dei en Côte d'Ivoire, a prononcée le 27 mai 2017 à l’Université des Lagunes.

INTRODUCTION

Pour commencer je souhaiterais adresser mes remerciements à ProAct pour l’initiative qu’ils ont eu d’organiser cette conférence, dans le cadre de leurs activités de réflexion sur la famille et sur son rôle dans le mieux-être de notre société qui ont lieu déjà depuis quelques années.

Aujourd’hui, il s’agit de nous intéresser à un fléau mondial, surtout accentués dans les pays pauvres comme le nôtre : la corruption.

La famille pourrait-elle apporter des solutions à cette problématique ? Si oui, pourquoi et comment ? Telle est l’objectif de cette conférence.

Pour y arriver, il me semble important, au préalable, de préciser ce qu’on entend par corruption pour mieux en cerner les causes. Exercice auquel je me soumettrai dans la première partie de cette conférence.

Puis sur cette base, nous serons mieux outillés pour aborder, dans la 2eme partie, la contribution que pourrait apporter la famille à la résorption de ce fléau.

I.LA CORRUPTION : NATURE, CONSÉQUENCES ET CAUSES

A.QU’ENTEND-ON PAR CORRUPTION ?

Selon le dictionnaire de l’Académie Française, les définitions proposées pour le mot corruption sont les suivantes :

  • Altération de la substance d’une chose et putréfaction qui en résulte ;
  • Toute altération dans les mœurs, dans le langage, le goût ;
  • Moyens que l’on emploie pour détourner quelqu’un de son devoir, pour l’engager à faire quelque chose contre l’honneur, contre sa conscience

Même si dans le cadre de cette conférence, la définition qui nous sied le plus est la troisième, il n’en demeure pas moins qu’elle reste liée aux deux premières qui nous offrent une compréhension plus vaste de la malice de la corruption. Il s’agit d’une réalité qui altère ce qui est bon, qui conduit à sa dégradation profonde et même à sa disparition.

En d’autres termes, le corrupteur a l’intention :

  • d’obtenir ce à quoi le payeur n’a pas Droit ;
  • d´inciter le bénéficiaire à ne pas accomplir son Devoir ;
  • d’influencer l’autre pour qu’il n’accomplisse pas son Devoir.

Cette réalité peut avoir diverses manifestations dans la vie ordinaire sous des noms différents comme enveloppe, commissions, etc.

En définitive il s’agit d’une somme d’argent donnée de façon occulte à un fonctionnaire public, ou à un dirigeant ou employé de société, etc., dans le but explicite ou implicite de recevoir de lui une faveur déterminée dans une gestion ou une opération économique, ou pour éviter qu’il cause un dommage injuste en utilisant, même abusivement, les possibilités de sa charge ou de son emploi.

On peut considérer comme exemple d’enveloppes :

  • Les offres d’argent, explicites ou implicites :
    • Pour qu’un fonctionnaire de l’État effectue des démarches bureaucratiques sans retards volontaires ;
    • Pour ne pas dénoncer des irrégularités dans un contrôle fiscal, ou pour ne pas effectuer des contrôles minutieux que la législation laisse à l’arbitrage des fonctionnaires publics ou pour ne pas interpréter rigidement les règlements ;
    • Pour recevoir un service alors que le prestataire y est déjà tenu par office ou par contrat, ou pour faire commettre une action illicite en se servant de sa propre charge (par exemple révéler un secret d’office) ;
    • Pour obtenir un traitement de faveur face à la concurrence, dans certaines affaires (s’assurer un contrat en tant que pourvoyeur, ou le succès à un concours, ou une place déterminée, indépendamment des critères professionnels, etc.)
    • Pour obtenir des informations réservées ;
    • Pour obtenir des influences, des recommandations, etc., auprès de personnalités politiques ou administratives.

Remarque :

MÊME SI DANS LES FAITS EXTÉRIEURS, LEURS ACTES PEUVENT SE RESSEMBLER, IL EST IMPORTANT DE DISTINGUER LA CORRUPTION DE L’EXTORSION.

Même si dans les faits extérieurs, leurs actes peuvent se ressembler, il est important de distinguer la corruption de l’extorsion. En effet, dans le cadre de la corruption, l’intention de celui qui donne de l’argent est malicieuse comme nous l’avons décrit précédent. Dans le cadre de l’extorsion, c’est en revanche l’intention de la personne qui reçoit l’argent qui est malicieuse. En effet, dans ce cas la personne qui donne l’argent n’a pas l’intention d’obtenir ce à quoi le payeur n’a pas droit, ni d´inciter le bénéficiaire à ne pas accomplir son devoir mais elle est victime de ce dernier.

Dans le cadre de cette conférence, il nous paraît important d’aborder ces deux aspects car même si la corruption est présente dans notre société, les cas d’extorsion semblent être plus fréquents et plus répandus. De ce fait dans le langage courant, on applique communément le terme « corruption » à ce qui en réalité est « extorsion » quoique leur évaluation morale du point de vue de celui qui donne l’enveloppe soit totalement différente. Pour cette raison, nous utiliserons dans la suite de nos propos le binôme corruption/extorsion.

Par ailleurs, l’une et l’autre de ces pratiques ont des conséquences nocives sur la société et les personnes qu’il convient maintenant d’aborder.


B.QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES DE LA CORRUPTION ET DE L’EXTORSION ?

La généralisation du climat de corruption dans un pays entraîne de nombreuses conséquences négatives qu’on pourrait diviser en 2 groupes : sur la société et sur la personne individuelle.

1.Sur la société :


1.- La disparition du mérite et de l'honnête effort :

Là où la corruption prévaut, les contrats, les nominations, les paiements, les ventes, les bonnes décisions de justice disparaissent parce que les choses ne se font pas au mérite mais tiennent compte du plus offrant en matière de corruption. Cela décourage l’honnête effort.

2.- L’inhibition de l’initiative économique :

Plus spécifiquement, la prévalence de la corruption a tendance à décourager l’initiative économique. Comme le disait l’économiste : Le pourboire perçu pour un permis délivré rapidement encourage les autorités à inventer de nouveaux permis. L’enchevêtrement de la paperasserie administrative lucrative étrangle les entrepreneurs, et l’économie en souffre.

3.- L’accroissement de la méfiance et de la résistance à l’autorité :

Plus la corruption se généralise, plus les gens ont tendance à se méfier des motivations des autres, surtout de ceux qui ont le pouvoir. Lorsque la crédibilité des autorités baisse, la résistance à l’autorité croît et il devient impossible de préserver la volonté du public à coopérer ou de le persuader à accepter le besoin de faire des sacrifices, peu importe la nécessité de ces sacrifices.

4.- La difficulté de gouverner :

Lorsque la corruption prévaut, ceux qui ont des postes de responsabilité perdent la capacité à mettre en œuvre des politiques. En général, plus il est facile d’influencer les autorités administratives, plus il devient facile pour les gens de se passer des lois et règlements qu’ils n’aiment pas, et plus il devient difficile de gouverner le pays.

5.- L’accroissement des détournements et dilapidation des ressources de l’État :

Un climat de corruption généralisée rend très difficile la collecte des fonds nécessaires au financement des activités légitimes du gouvernement. Ainsi, par exemple, l’argent recueilli au titre de l’impôt sur le revenu dans certains pays n’atteint pas le dixième du montant que cela devait représenter s’il y avait respect des lois sur l’impôt sur le revenu. Bien sûr, le problème est associé au fait que la même corruption qui rend difficile la collecte de fonds conduit au détournement ou à la dilapidation d’une partie de l’argent collecté. La conséquence est :

6.- Le manque de rationalité dans le financement des projets :

A cause des détournements et dilapidations des ressources, les projets essentiels ne peuvent pas être entrepris et les besoins essentiels restent insatisfaits. Par contre, Le climat de corruption généralisée encourage les autorités administratives à orienter les rares ressources vers des secteurs non prioritaires. Souvent les politiciens et les fonctionnaires des pays pauvres veulent importer des biens sur lesquels il est plus facile de percevoir des pots- de- vin au lieu d’importer les biens qui sont plus profitables aux entreprises de l’Etat. Cet argument pourrait montrer pourquoi tant de pays pauvres préfèrent dépenser leurs ressources limitées sur les projets d’infrastructures et de défense où les opportunités de corruption sont nombreuses que sur l’éducation et la santé où les opportunités sont de plus en plus limitées.

7.- L’accroissement de la corruption :

La corruption est comme un cancer qui tend toujours à se propager et à devenir plus grand. Là où 10% étaient acceptable, très vite 20% deviennent nécessaires. Là où quelques fonctionnaires occupant des postes clés demandaient des paiements spéciaux, très vite tous les petits employés demandent leurs parts.

8.- La fuite d’investisseurs sérieux :

Aucune personne ou organisation sérieuse capable de l’éviter ne voudra fonctionner dans ce genre d’environnement. Bien sûr, les investisseurs étrangers éviteront un tel pays, mais même ceux des nationaux qui ont de l’argent investiront ailleurs s’ils ont les moyens de le faire.

9.- La corruption de la société :

Enfin, et c’est le plus important, la corruption corrompt. Lorsque la corruption se généralise, elle atteint un point tel qu’un nombre relativement petit de ‘héros moraux’ essaient – au prix de sacrifices énormes et de renoncements – de rester avec les ‘mains propres’ (intègres).


2.Sur la personne individuelle :

Il est clair que les conséquences précédentes concernent aussi les personnes individuelles qui constituent la société mais en plus on peut distinguer les effets suivants :

1.-La recherche de la facilité :

Avec la corruption, la personne humaine est encline à rechercher des solutions qui lui épargnent l’effort et le sacrifice nécessaires à son plein épanouissement. Par exemple, il est plus facile de payer un diplôme que d’étudier pour l’obtenir.

2.- Le développement de la médiocrité :

Puisque avec la corruption, le mérite et l’excellence ne constituent pas des critères fondamentaux de sélection, la personne ne pourra que progressivement s’installer dans une médiocrité toujours plus croissante.

3.- La réduction des idéaux de la personne à l’argent ou aux biens matériels :

La corruption motivée par une obtention facile d’argent ou de commodités matérielles produit chez l’individu une sorte de dépendance toujours croissante au point de n’avoir comme idéal que l’accumulation facile de richesse.

4.- La prédisposition à d’autres conduites immorales plus graves :

La personne n’ayant plus d’idéaux ni de repères autre que les biens matériels qu’elle possède, elle est ainsi disposée à commettre n’importe quel acte qui lui permette d’atteindre ses fins illicites. Il n’est pas rare que la corruption puisse entraîner à certains niveaux des meurtres.

5.- La corruption morale de la personne :

LA CORRUPTION CORROMPT ET DÉTRUIT LES REPÈRES MORAUX DE LA PERSONNE. ELLE PERD TOUT SENS DE LA JUSTICE ET DE LA CHARITÉ.

A la longue, la corruption corrompt et détruit progressivement les repères moraux de la personne qui devient esclave de son égoïsme au mépris du bien des autres personnes et de celui de la société. Elle perd tout sens de la justice et de la charité.

Après avoir ainsi énoncé quelques conséquences de la corruption, il convient maintenant de nous intéresser à ses causes.


C.QUELLES SONT LES CAUSES DE LA CORRUPTION/EXTORSION ?

Il est possible d’analyser les causes de la corruption de différentes manières. Mais nous avons choisi de distinguer deux groupes, les causes immédiates et les causes profondes, afin de mieux identifier à quel niveau la famille pourrait apporter des solutions à ce fléau.

1.Les causes immédiates

Nous entendons par causes immédiates, celles qui sont immédiatement avancées pour justifier les actes de corruption/extorsion. A ce niveau, il s’agit de celles décrites dans les exemples de corruption et extorsion vus plus haut, notamment :

  • Obtenir rapidement quelque chose,
  • Cacher des irrégularités pour éviter des pénalités et des sanctions,
  • Obtenir des traitements de faveurs,
  • La pression du contexte généralisé de corruption/extorsion, etc.

Mais, à notre avis, ces causes immédiates, sont engendrées par des causes plus profondes qu’il convient de voir.

2.Les causes profondes

Nous retenons comme causes profondes celles qui répondent au pourquoi des causes immédiates. Par exemple, pourquoi veut-on obtenir rapidement quelque chose de cette façon ? Pourquoi obtenir des traitements de faveurs de cette manière ? etc.

LES CAUSES PROFONDES DE LA CORRUPTION SE TROUVENT Dans L’INDIVIDU MÊME.

A notre avis, les causes profondes de la corruption se trouvent d’abord dans l’individu même qui, au moment de résoudre les problèmes auxquels il peut être confronté, ne se pose pas la question de la licéité des solutions préconisées, ou n’y accorde pas suffisamment d’importance.

Ce fait pourrait s’expliquer par les raisons suivantes :

  • Ignorance ou mépris des principes fondamentaux d’éthique :
  1. Principe de solidarité : "Nous devons nous sentir responsables de la promotion du bien-être de tous les êtres humains, pas seulement le nôtre. Sinon nous ne pouvons pas nous sentir réalisés nous-mêmes."
  2. Principe de rationalité : "On doit toujours s’efforcer d’agir intelligemment."
  3. Principe de justice ou impartialité : "On doit appliquer les mêmes règles pour juger nos propres actions, celles de ceux qui nous sont chers, et celles des inconnus."
  4. Principe d’efficacité : "Les bonnes intentions ne suffisent pas; on doit s’efforcer d’utiliser des moyens efficaces."
  5. Principe de bonne volonté : s’abstenir de faire directement et volontairement du tort à un autre être humain : "On ne doit jamais choisir directement de faire du tort à autrui."
  6. Principe de responsabilité attachée à son propre rôle : "On n’est pas responsable de façon égale, de tous les aspects du bien-être de tous les êtres humains. Les circonstances particulières, capacités, les rôles et engagements, donnent une responsabilité prioritaire sur certains aspects du bien-être de certaines personnes."
  7. Principe d’acceptation des dommages collatéraux : "Dans certaines circonstances il peut être raisonnable d’agir de façon à causer probablement ou même certainement des dommages collatéraux."
  • Ignorance de l’importance pour le bonheur de l’homme d’éviter des conduites illicites ;
  • Égoïsme de la personne qui, en n’incluant pas le bonheur des autres dans son propre bonheur, les ignore ;
  • Ignorance de la nature de la personne humaine et de ce qui constitue son véritable bonheur ;
MÊME SI LE CONTEXTE EXTÉRIEUR À LA PERSONNE PEUT LA CONDITIONNER, IL EST CLAIR QUE LA DÉCISION FINALE LUI REVIENDRA TOUJOURS.

Comme nous pouvons le constater, les causes profondes de la corruption sont profondément liées à la personne humaine. Même si le contexte extérieur à la personne peut la conditionner, il est clair que la décision finale lui reviendra toujours.

A ce titre, le Pape Saint Jean-Paul II écrivait :

« Quand elle parle de situations de péché ou quand elle dénonce comme péchés sociaux certaines situations ou certains comportements collectifs de groupes sociaux plus ou moins étendus,(…) l'Église sait et proclame que ces cas de péché social sont le fruit, l'accumulation et la concentration de nombreux péchés personnels. Il s'agit de péchés tout à fait personnels de la part de ceux qui suscitent ou favorisent l'iniquité, voire l'exploitent ; de la part de ceux qui, bien que disposant du pouvoir de faire quelque chose pour éviter, éliminer ou au moins limiter certains maux sociaux, omettent de le faire par incurie, par peur et complaisance devant la loi du silence, par complicité masquée ou par indifférence ; de la part de ceux qui cherchent refuge dans la prétendue impossibilité de changer le monde ; et aussi de la part de ceux qui veulent s'épargner l'effort ou le sacrifice en prenant prétexte de motifs d'ordre supérieur. Les vraies responsabilités sont donc celles des personnes. »[1]

Pour cette raison, il nous semble que les solutions efficaces et pérennes qui pourraient être apportées à ce fléau devraient viser à la formation morale des personnes, tant d’un point de vue de leur connaissance que de leur vie pratique. Les solutions se trouvent donc à un niveau anthropologique même si des mesures peuvent et doivent être prises à un niveau collectif de la société.

II.QUELS REMÈDES LA FAMILLE PEUT-ELLE APPORTER A LA CORRUPTION/EXTORSION ?

Afin de pouvoir répondre de façon adéquate à cette question, il importe de rappeler ce que nous entendons par famille et surtout son rapport avec la formation morale de la personne humaine.

A.LA FAMILLE : NATURE ET DEVOIRS PRINCIPAUX

1.Qu’entend-on par famille ?

La famille pourrait être définie selon différentes perspectives.

Selon le dictionnaire de l’Académie Française : la famille se définit comme « un ensemble de personnes unies par le sang ou l’alliance » ou « il se dit aussi de parents qui ont un même foyer, qui habitent ensemble ; et plus particulièrement du père, de la mère et des enfants ou même des enfants seulement ».

Ces définitions donnent certes une idée de la famille, mais elles restent en deçà de la richesse de cette réalité. Il me semble plus intéressante celle que propose St Jean-Paul II dans son exhortation post-synodale Familiaris consortio :

« La famille, fondée par amour et vivifiée par lui, est une communauté de personnes : les époux, homme et femme, les parents et les enfants, la parenté. Son premier devoir est de vivre fidèlement la réalité de la communion dans un effort constant pour promouvoir une authentique communauté de personnes. »[2]

En conséquence, St Jean-Paul II souligne la notion de communauté de personnes basée sur la communion de l’amour. Ce n’est donc pas suffisant d’avoir le même sang, une même alliance, un même foyer ou une même maison, mais il faut avoir une réelle communion d’amour. Selon cette perspective, la nature de la famille est inséparable de ses devoirs.

2.Les devoirs principaux de la famille

Comme le spécifiait St Jean-Paul II dans Familiaris consortio : « en partant de l'amour et en s'y référant sans cesse, le récent Synode a mis en lumière quatre devoirs principaux de la famille :

1) la formation d'une communauté de personnes ;

2) le service de la vie ;

3) la participation au développement de la société ;

4) la participation à la vie et à la mission de l'Église. »[3]

De ce fait, dans l’analyse de ces différents devoirs St Jean-Paul II met en évidence les idées suivantes qui nous semblent importantes de rappeler pour le sujet de cette conférence :

  • « Tous les membres de la famille, chacun selon ses propres dons, ont la grâce et la responsabilité de construire, jour après jour, la communion des personnes, en faisant de la famille une « école d'humanité plus complète et plus riche » (Gaudium et spes, n.52). »[4]
  • « Pour construire une telle communion, un élément est fondamental, celui de l'échange éducatif entre parents et enfants, qui permet à chacun de donner et de recevoir. »[5]
« La FAMILLE EST DONC LA PREMIÈRE ÉCOLE DES VERTUS SOCIALES DONT AUCUNE SOCIÉTÉ NE PEUT SE PASSER ».
  • « C'est aux parents, en effet, de créer une atmosphère familiale, animée par l'amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu'elle favorise l'éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est donc la première école des vertus sociales dont aucune société ne peut se passer »[6]
  • « Bien qu'affrontés aux difficultés, souvent plus grandes aujourd'hui, de leur tâche d'éducateurs, les parents doivent, avec confiance et courage, former leurs enfants au sens des valeurs essentielles de la vie humaine. Les enfants doivent grandir dans une juste liberté devant les biens matériels, en adoptant un style de vie simple et austère, bien convaincus que « l'homme vaut plus par ce qu'il est que par ce qu'il a » (Gaudium et spes, n.30) »[7]
« LA COMMUNION ET LA PARTICIPATION VÉCUES CHAQUE JOUR AU FOYER, DANS LES MOMENTS DE JOIE OU DE DIFFICULTÉ, REPRÉSENTENT LA PÉDAGOGIE LA PLUS CONCRÈTE ET LA PLUS EFFICACE EN VUE DE L’INSERTION ACTIVE, RESPONSABLE ET FÉCONDE DES ENFANTS DANS LE CADRE PLUS LARGE DE LA SOCIÉTÉ ».
  • « Dans une société ébranlée et désagrégée par des tensions et des conflits en raison du violent affrontement entre les individualismes et les égoïsmes de toute sorte, les enfants doivent acquérir le sens de la justice véritable - qui seule conduit au respect de la dignité personnelle de chacun - et davantage encore le sens de l'amour authentique, qui est fait d'attention sincère et de service désintéressé à l'égard des autres, en particulier des plus pauvres et des plus nécessiteux. La famille est la première école, l'école fondamentale de la vie sociale ; comme communauté d'amour, elle trouve dans le don de soi la loi qui la guide et la fait croître. Le don de soi qui anime les époux entre eux se présente comme le modèle et la norme de celui qui doit se réaliser dans les rapports entre frères et sœurs, et entre les diverses générations qui partagent la vie familiale. La communion et la participation vécues chaque jour au foyer, dans les moments de joie ou de difficulté, représentent la pédagogie la plus concrète et la plus efficace en vue de l'insertion active, responsable et féconde des enfants dans le cadre plus large de la société. »[8]

Il ressort clairement qu’à la problématique de la corruption/extorsion la famille peut beaucoup apporter. Elle se trouve effectivement à la base de la formation intégrale de la personne humaine.

Le Compendium de Doctrine Sociale en offre une bonne synthèse : « À travers l'œuvre d'éducation, la famille forme l'homme à la plénitude de sa dignité sous toutes ses dimensions, y compris la dimension sociale. En effet, la famille « constitue une communauté d'amour et de solidarité, apte de façon unique à enseigner et à transmettre des valeurs culturelles, éthiques, sociales, spirituelles et religieuses essentielles au développement et au bien-être de ses propres membres et de la société. En exerçant sa mission éducative, la famille contribue au bien commun et constitue la première école de vertus sociales, dont toutes les sociétés ont besoin. Les personnes sont aidées en famille à grandir dans la liberté et dans la responsabilité, prémisses indispensables pour remplir toutes sortes de tâches dans la société. En outre, l'éducation permet de communiquer, pour qu'elles soient assimilées et qu'elles deviennent propres à chacun, certaines valeurs fondamentales, nécessaires pour être des citoyens libres, honnêtes et responsables. » [9].

La famille est donc capable de transmettre à la personne humaine les idéaux et les vertus nécessaires pour surmonter les causes profondes de ces fléaux. Pour cela il convient que la Famille soit effectivement pour chaque personne une école de véritables idéaux et une école de vertus.

B.LA FAMILLE : ECOLE DE VÉRITABLES IDÉAUX ET DE VERTUS

1.La Famille : Ecole De Véritables Idéaux

Comme l’écrivait le Pape St Jean-Paul II, dans son Encyclique Centesimus annus, « La première structure fondamentale pour une “écologie humaine” est la famille, au sein de laquelle l'homme reçoit les premières notions déterminantes concernant la vérité et le bien, dans laquelle il apprend ce que signifie aimer et être aimé et, par conséquent, ce que veut dire concrètement être une personne »[10].

Il est donc important que la famille aide chacun de ses membres à acquérir une adéquate conception de la personne humaine et de sa dignité. Cela leur permettra de capter et de défendre les véritables idéaux de l’homme et les valeurs de la société.

En effet, si dans la famille, la personne apprend et est convaincue que « l'homme vaut plus par ce qu'il est que par ce qu'il a »[11], il lui sera plus simple qu’au moment d’agir de se poser les bonnes questions pour choisir les bonnes solutions.

A notre avis, les principaux idéaux de la personne humaine sont intimement liés à ce que la doctrine sociale de l’Église appelle valeurs sociales.

En effet, « toutes les valeurs sociales sont inhérentes à la dignité de la personne humaine, dont elles favorisent le développement authentique, et sont essentiellement : la vérité, la liberté, la justice et l'amour. Leur pratique est une voie sûre et nécessaire pour atteindre le perfectionnement personnel et une vie sociale en commun plus humaine »[12]

En résumé, les valeurs qui devraient être transmises par la famille sont les suivantes :

  • La dignité de la personne humaine et de la vie
  • La vérité
  • Le bien
  • La liberté
  • La justice
  • L’amour
  • L’ouverture au transcendant

Comme l’écrivait effectivement le Pape François : « La famille est la première école des valeurs, où on apprend l’utilisation correcte de la liberté. Il y a des tendances développées dans l’enfance, qui imprègnent l’intimité d’une personne et demeurent toute la vie comme une émotivité favorable à une valeur ou comme un rejet spontané de certains comportements. Beaucoup de personnes agissent toute la vie d’une manière donnée parce qu’elles considèrent comme valable cette façon d’agir qui a pris racine en elles depuis l’enfance, comme par osmose. ‘‘On m’a éduqué ainsi’’ ; ‘‘c’est ce qu’on m’a inculqué’’. »[13]

« La FAMILLE EST LE LIEU DE LA PREMIÈRE SOCIALISATION, PARCE QU’ELLE EST LE PREMIER ENDROIT OÙ ON APPREND À SE SITUER FACE À L’AUTRE, À ÉCOUTER, À PARTAGER, À SUPPORTER, À RESPECTER, À AIDER, À COHABITER ».

Par ailleurs, de ces idéaux dérivent les principes éthiques fondamentaux, précédemment énoncés, dont l’ignorance favorise la corruption. En effet, la famille est le lieu idéal pour que la personne acquière ses principes grâce à l’éducation qu’elle y reçoit. « La famille est le lieu de la première socialisation, parce qu’elle est le premier endroit où on apprend à se situer face à l’autre, à écouter, à partager, à supporter, à respecter, à aider, à cohabiter. »[14]

Ces principes éthiques fondamentaux sont les suivants:

  • Principe de solidarité : "Nous devons nous sentir responsables de la promotion du bien-être de tous les êtres humains, pas seulement le nôtre. Sinon nous ne pouvons pas nous sentir réalisés nous-mêmes."
  • Principe de rationalité : "On doit toujours s’efforcer d’agir intelligemment."
  • Principe de justice ou impartialité : "On doit appliquer les mêmes règles pour juger nos propres actions, celles de ceux qui nous sont chers, et celles des inconnus."
  • Principe d’efficacité : "Les bonnes intentions ne suffisent pas; on doit s’efforcer d’utiliser des moyens efficaces."
  • Principe de bonne volonté : s’abstenir de faire directement et volontairement du tort à un autre être humain : "On ne doit jamais choisir directement de faire du tort à autrui."
  • Principe de responsabilité attachée à son propre rôle : "On n’est pas responsable de façon égale, de tous les aspects du bien-être de tous les êtres humains. Les circonstances particulières, capacités, les rôles et engagements, donnent une responsabilité prioritaire sur certains aspects du bien-être de certaines personnes."
  • Principe d’acceptation des dommages collatéraux : "Dans certaines circonstances il peut être raisonnable d’agir de façon à causer probablement ou même certainement des dommages collatéraux."

Mus par ces principes, il est clair que la personne ne pourrait se laisser aller aux pratiques de corruption/extorsion qui constitueraient pour elle une contradiction « in radice », à la racine, à la base.

Toutefois, afin que la personne puisse tendre de façon stable vers ces idéaux en vivant ces différents principes, il est fondamental qu’elle acquière les vertus nécessaires. Raison pour laquelle, la famille doit être aussi une école de vertus.

2.La Famille : École De Vertus

La vertu est une disposition habituelle et ferme à faire le bien. Elle permet à la personne, non seulement d’accomplir des actes bons, mais de donner le meilleur d’elle-même. De toutes ses forces sensibles et spirituelles, la personne vertueuse tend vers le bien ; elle le poursuit et le choisit en des actions concrètes.

Avec cette tension vers le bien que procure l’exercice des vertus, il sera plus difficile à une personne d’être portée à des pratiques de corruption/extorsion. Elle aura même les ressources nécessaires pour s’y opposer.

Il existe un large éventail de vertus qui peuvent être classés selon différents critères. Par exemple :

  • Les vertus surnaturelles / Les vertus naturelles ou humaine
  • Les vertus intellectuelles /Les vertus morales.
  • Les vertus cardinales / Les autres vertus

Même si toutes les vertus sont importantes, dans le cadre de cette conférence, il nous semble important de nous arrêter surtout sur les vertus morales qui peuvent être développées au sein de la famille et qui sont efficacement préventives contre les pratiques de corruption/extorsion.

Il existe de nombreuses vertus morales où on distingue habituellement : les vertus cardinales des autres vertus.

Les vertus cardinales sont les suivantes : prudence, tempérance, justice et force.

  • Avec la prudence, qui est “est la vertu qui dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance notre véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir”[15], la personne pourra d’appliquer aux actes concrets les principes moraux qui règlent la conduite. Cela lui permettra d’écarter tout acte de corruption/extorsion comme solution à ses problèmes.
  • Grâce à la justice qui consiste en la volonté ferme et constante de donner à chacun ce qui lui est dû, la personne pourra réguler adéquatement ses relations avec les autres afin d’atteindre le bien commun. L’exercice de cette vertu la conduira à éviter les actes de corruption/extorsion qui compromettent ce qui est dû des autres.
  • Au moyen de la force qui est la vertu morale qui assure dans les difficultés, la fermeté et la constance dans la poursuite du bien, la personne pourra mieux résister aux tentations de corruption/extorsion et même s’y opposer.
  • La tempérance qui “modère l’attrait des plaisirs et procure l’équilibre dans l’usage des biens créés”[16] aidera la personne à avoir la maîtrise des tendances qui l’inclinent vers le mal, notamment vers les pratiques de corruption/extorsion.

Les autres vertus sont nombreuses. Au titre des valeurs sociales, on peut citer par exemple :

  • Le respect des autres
  • La sociabilité
  • L’amitié
  • La générosité
  • La compréhension
  • La solidarité
  • Loyauté et fidélité
  • L’ardeur au travail
  • La gratitude
  • La cordialité, l’amabilité
  • L’amour de la paix
  • L’obéissance
  • Le patriotisme
  • Le sens de l’écologie

Au titre des valeurs personnelles, on distingue par exemple :

  • La connaissance de soi
  • L’humilité
  • L’auto estime
  • La sincérité
  • L’audace, le courage
  • La persévérance
  • L’ordre
  • L’optimisme
  • Le sens de l’humour
  • Le sens des responsabilités
  • La pudeur, pureté
  • La souplesse
  • La patience

Comme on peut le constater, avec l’exercice dans la vie familiale de toutes ses vertus que nous ne pouvons pas ici passer en revue, la famille pourrait être un centre préventif efficace contre la corruption/extorsion.

IL EST FONDAMENTAL QUE LES PARENTS, QUI SONT LES PREMIERS ÉDUCATEURS, AIENT CONSCIENCE DE L’IMPORTANCE DE LEUR TÂCHE ÉDUCATIVE ET DE SON AMPLITUDE POUR S’Y INVESTIR TOTALEMENT.

Mais pour cela, il est fondamental que les parents, qui sont les premiers éducateurs, aient conscience de l’importance de leur tâche éducative et de son amplitude pour s’y investir totalement.

C.L’ARME-CLÉ DE L’ÉDUCATION FAMILIALE

Comme l’écrivait le Pape François : « Les parents influent toujours sur le développement moral de leurs enfants, en bien ou en mal. Par conséquent, ce qui convient, c’est qu’ils acceptent cette responsabilité incontournable et l’accomplissent d’une manière consciente, enthousiaste, raisonnable et appropriée. »[17]

« La tâche de l’éducation est d’éveiller le sentiment du monde et de la société comme foyer, c’est une éducation pour savoir ‘‘habiter’’, au-delà des limites de sa propre maison. Dans le cercle familial, on enseigne à revaloriser la proximité, l’attention et la salutation. C’est là qu’on brise la première barrière de l’égoïsme mortel pour reconnaître que nous vivons à côté d’autres, avec d’autres, qui sont dignes de notre attention, de notre amabilité, de notre affection »[18]

« La famille ne peut renoncer à être un lieu de protection, d’accompagnement, d’orientation, même si elle doit réinventer ses méthodes et trouver de nouvelles ressources. Elle a besoin de se demander à quoi elle veut exposer ses enfants. Voilà pourquoi, elle ne doit pas éviter de s’interroger sur ceux qui sont chargés de leur divertissement et de leurs loisirs, sur ceux qui rentrent dans leurs chambres à travers les écrans, sur ceux à qui ils les confient pour qu’ils les guident dans leur temps libre. Seuls les moments que nous passons avec eux, parlant avec simplicité et affection des choses importantes, et les possibilités saines que nous créons pour qu’ils occupent leur temps, permettront d’éviter une invasion nuisible. Il faut toujours rester vigilant. » [19]

C’est donc l’éducation ou le manque d’éducation qui forgent les corrupteurs et extorqueurs de demain. En conséquence, la qualité de notre société dépend en bonne partie de la qualité des familles qui la composent puisque la famille est la cellule de base de la société.

CONCLUSION

Au terme de cette conférence, nous sommes en mesure de répondre à la question suivante : la famille peut-elle être un lieu idéal pour la lutte contre la corruption ?

MAIS POUR CELA, IL EST FONDAMENTAL QUE LES PARENTS SE DONNENT LES MOYENS POUR ACQUÉRIR LA FORMATION NÉCESSAIRE EN MATIÈRE D’ÉDUCATION.

La réponse peut être affirmative, si et seulement si, la famille contribue à ce que les personnes soient effectivement bien formées de façon intégrale. A ce titre, l’éducation assurée par les parents est incontournable. Raison pour laquelle, il est important qu’ils assument cette charge avec grande responsabilité et générosité. Mais pour cela, il est fondamental que les parents se donnent les moyens pour acquérir la formation nécessaire en matière d’éducation.

Par ailleurs, comme le déclarait St Jean-Paul II, « La famille est la première communauté éducatrice, mais non pas la seule ni l'unique : la dimension même de l'homme, communautaire, civile et ecclésiale, exige et suscite une œuvre plus vaste et plus complexe qui est le fruit de la collaboration bien ordonnée des diverses instances éducatives. Toutes ces institutions sont nécessaires, même si chacune peut et doit intervenir selon sa compétence et apporter sa contribution propre »[20].

Il n’en demeure pas moins que la tâche d’éducation ne sera efficace que si les parents eux-mêmes vivent ce qu’ils enseignent aux enfants, c’est-à-dire pour notre conférence, ils luttent contre les pratiques de corruption/extorsion.

A ce titre, je souhaitais achever par un conseil prodigué par Saint Josémaria, fondateur de l’Opus Dei, adressé aux parents. Il synthétise, d’une certaine façon, les idées principales relevées au cours de cette conférence :

« Si je devais donner un conseil aux parents, j’insisterais sur ceci: que vos enfants voient – ils le voient déjà tout petits, et ils jugent, ne vous y trompez pas – que vous vous efforcez de vivre en accord avec votre foi, que Dieu n’est pas seulement sur vos lèvres, mais aussi dans vos œuvres; qu’ils voient que vous vous efforcez d’être sincères et loyaux, que vous vous aimez et que vous les aimez vraiment.

C’est ainsi que vous contribuerez le plus efficacement à faire d’eux des chrétiens véritables, des hommes et des femmes intègres, capables d’affronter avec un esprit ouvert les situations auxquelles ils seront confrontés durant leur vie, de servir leurs concitoyens et de contribuer à la solution des grands problèmes de l’humanité, capables de porter le témoignage du Christ la où ils vont se trouver dans la société. »[21]

Cela est parfaitement applicable à la problématique de la corruption/extorsion.


Table des matières

INTRODUCTION.

I.LA CORRUPTION, NATURE, CONSÉQUENCES ET CAUSES.

A.QU’ENTEND-ON PAR CORRUPTION ?

B.QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES DE LA CORRUPTION ET DE L’EXTORSION ?

1.Sur la société :

2.Sur la personne individuelle :

C.QUELLES SONT LES CAUSES DE LA CORRUPTION/EXTORSION ?

1.Les causes immédiates.

2.Les causes profondes.

II.QUELS REMÈDES LA FAMILLE PEUT-ELLE APPORTER A LA CORRUPTION/EXTORSION ?

A.LA FAMILLE : NATURE ET DEVOIRS PRINCIPAUX.

1.Qu’entend-on par famille ?.

2.Les devoirs principaux de la famille.

B.LA FAMILLE : ECOLE DE VÉRITABLES IDÉAUX ET DE VERTUS.

1.La Famille : Ecole De Véritables Idéaux.

2.La Famille : École De Vertus. 13

C.L’ARME-CLÉ DE L’ÉDUCATION FAMILIALE.

CONCLUSION.



[1] Jean-Paul II, Exhortation apostolique Reconciliatio et paenitentia, 2.XII.1984, n.16

[2] St Jean-Paul II, Exh. Post-syn. Familiaris Consortio, n.17

[3] Ibidem, n. 18.

[4] Ibidem, n. 21

[5] Idem

[6] Concile Œcum. Vat. II, décl. sur l'éducation chrétienne Gravissimum educationis, 3.

[7] St Jean-Paul II, Exh. Post-syn. Familiaris Consortio, n.37

[8] Idem.

[9] Compendium de Doctrine Sociale de l’Églis, n. 238.

[10] Jean-Paul II, Encyclique Centesimus annus, 39

[11] Gaudium et spes, n.30

[12] Compendium de Doctrine Sociale de l’Église, n. 197.

[13] François, Exhort. Post syn, Amoris laetitia, n.274

[14] Ibidem, n. 276

[15] Catéchisme de l’Église Catholique, n. 1806

[16] Catéchisme de l’Église Catholique, n. 1809

[17] François, Exhort. Post syn, Amoris laetitia, n.259

[18] Ibidem, n. 276

[19] François, Exhort. Post syn, Amoris laetitia, n.260

[20] St Jean-Paul II, Exh. Post-syn. Familiaris Consortio, n.40.

[21] Saint Josémaria Escriva, Quand le Christ passe, n.28.