À l’occasion de la fête de la Sainte Famille

Catherine et Jean-Christophe sont un couple heureux, mariés il y a 13 ans, avec sept enfants. Nous les avons invités à nous parler du sens qu’a pour eux la fête de la Sainte Famille.

Témoignages personnels
Opus Dei - À l’occasion de la fête de la Sainte Famille

atherine : Pour nous et pour de très nombreux couples, c'est la fête qui nous invite à mettre notre foyer sous la protection de l'Enfant Jésus, la Vierge Marie et saint Joseph, qui constituent le foyer modèle. Saint Josémaria le disait souvent : J'aime imaginer les foyers chrétiens, lumineux et joyeux, comme le fut celui de la Sainte Famille. À travers l'Opus Dei, nous avons appris de Saint Josémaria à donner la priorité à notre famille dans toutes nos activités.

Mais il y a aussi des difficultés, n'est-ce pas ? Jean-Christophe : Bien sûr; le manque de temps, assez souvent des difficultés financières, et parfois les situations de stress qui n'ont rien à voir avec le foyer, mais qui peuvent me pousser à lever la voix quelques fois. Cela dit, mon épouse, les enfants, la famille, constituent une source de joie et de satisfactions.

Catherine faisait allusion tout à l'heure à une expression habituelle chez Saint Josémaria. Dans une homélie que vous connaissez sans doute, qui a été publiée dans « Quand le Christ passe », sous le titre « Le mariage vocation chrétienne », il dit ceci : Les époux sont appelés à sanctifier leur union et à se sanctifier dans cette union . Pourriez-vous nous expliquer un peu ce que cela veut dire pour vous ? Catherine : Saint Josémaria l'explique lui-même dans cette même homélie. L'amour du prochain commence par le plus prochain : mon mari, mes enfants. Certainement, partager ces joies et ces difficultés dont Jean-Christophe vient de parler, savoir surmonter les contrariétés qui peuvent se présenter, transmettre les vertus humaines et les vertus chrétiennes aux enfants, tout cela, à côté du travail professionnel —je dirais plutôt, juste avant le travail professionnel— c'est la matière première à transformer, à enjoliver, pour qu'elle devienne dans la mesure du possible un acte d'amour de Dieu, un exemple et un repère pour les enfants.

Jean-Christophe : Justement, l'éducation des enfants, c'est comme le travail d'un sculpteur enthousiasmé : aider chacun d'eux à s'épanouir en développant au maximum ses qualités et en corrigeant le mieux possible les déficits, les aider à acquérir les vertus humaines, le dévouement et la générosité envers les autres, à être joyeux et à transmettre de la joie et de l'optimisme aux autres, les aider à aimer le travail bien fait… Cela demande du temps, mais c'est un travail passionnant. Les enfants en grandissant apportent leur aide pour accompagner cette éducation. En effet José-Louis-Mari, notre aîné, aide les plus petits dans l'apprentissage et la récitation des leçons, suit la réalisation des exercices de maison. Pour l'heure la plus grande difficulté est le suivi scolaire de Rosario, notre troisième enfant : elle a accumulé deux années de lacunes liées à des maux d'yeux et à une mauvaise audition. Par les échanges avec mon épouse et la prière en famille nous sommes en voie de surmonter cette difficulté

Mais en plus du temps, n'y aurait-il pas un savoir-faire qu'on pourrait qualifier de spécial à propos de l'éducation des enfants ? Jean-Christophe : Tout à fait et d'ailleurs, je me pose très souvent cette question : en effet avant de donner des cours de mathématiques aux lycéens, j'ai obtenu une maîtrise et des années à l'Ecole Normale Supérieure pour avoir le CAPES, un certificat d'aptitude correspondant à cette fonction… Après ma vie professionnelle s'est orientée différemment, mais ce que j'y ai appris m'est toujours utile. J'ai pensé beaucoup de fois qu'il n'y a pas un Certificat d'Aptitude Professionnelle pour éduquer ses propres enfants… L'école, le collège, le lycée et l'université peuvent faire beaucoup, mais l'essentiel se passe au foyer. L'éducation des enfants est quelque chose de beaucoup plus sérieux qu'enseigner une discipline quelconque comme les mathématiques ou la géographie. Si nous, les parents, ne nous investissons pas, les enfants risquent de grandir désorientés, ou avec les repères qu'ils trouvent à la télévision ou sur Internet.

Catherine : Je suis tout à fait d'accord. À ceci près, qu'il y a de nombreux couples, dont nous-mêmes, qui ont constitué des groupes d'orientation familiale pour réfléchir à l'éducation des enfants, à la vie du foyer, et pour échanger des expériences sur ces sujets. J'ai trouvé ces groupes et ce qu'ils font très intéressant.

À un autre niveau, il y a de nombreux documents qui développent ces sujets et, notamment, ce qui a trait aux vertus chrétiennes, à transmettre la foi aux enfants ; ceux que vous publiez dans votre site web sous l'épigraphe « Articles sur la famille » sont une source importante d'idées et de matière à réflexion.